Al core

Dans son rapport sur les freins à la croissance, Jacques Attali ne fait rien moins que remettre en cause le principe de précaution, pourtant introduit de longue date dans les droits français et européen. Pourquoi pas demander tant qu’on y est que la France propose l'abrogation des directives Reach et Seveso ?

Jacques Attali semble dire implicitement que l'économie d’aujourd'hui, peu régulée au plan mondial, a besoin de nuire à l'environnement pour croître.

Remettre en cause des principes aussi élémentaires que le principe de précaution, un des rares outils de régulation d'une économie prédatrice de l'environnement et de la santé humaine, c'est tout simplement scier la branche sur laquelle cette même économie est assise.

Certes, le rapport propose la création d’"éco-polis", villes nouvelles exemplaires en matière de mixité sociale et d'écologie. Pourquoi pas, mais commençons prioritairement pour faire en sorte que les 36 000 communes françaises soient des éco-polis !

On le voit bien, malgré une prise de conscience forte des problèmes écologiques dans l'opinion publique et un Grenelle de l'environnement qui communique en roue libre, les réalités économiques traduites dans ce rapport sont encore bien loin d'avoir intégrée les contraintes environnementales et planétaires.

Jacques Attali déclare cela le même jour que l’annonce du prix Nobel de la Paix a Al Core et au GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).