Plutôt discrets jusqu’à maintenant, les Verts rémois veulent peser sur les élections municipales et si possible, au côté du PS et d’Adeline Hazan.
Rassemblés au conseil municipal de Reims au sein du groupe de la gauche plurielle depuis 2001, les Verts et le Parti Socialiste pourraient poursuivre dans cette voie lors des élections municipales de mars 2008. Face à une droite désunie et vue la cohérence des idées des deux partis, cette union apparaît somme toute logique. Néanmoins, pour le moment rien n’est encore fait et les discussions en vue d’un accord se poursuivent activement et devraient aboutir à la fin de ce mois. C’est en tout cas ce que laisse entendre Stéphane Joly, secrétaire des Verts du pays rémois.
Pourquoi une union Verts-Parti Socialiste ?
Entre désir d’autonomie et réalité politique, les Verts semblent avoir choisi la voie de la raison. Sans remettre en cause leur projet politique écologique, il semblerait que celui porté par Adeline Hazan colle avec les idées des Verts rémois. « Si nous n’omettons pas encore complètement de proposer une liste autonome, il est vrai que nous nous dirigeons à 75% vers une liste commune avec le Parti Socialiste. C’est en tout cas le vœu de la grande majorité de nos adhérents et surtout, cela est possible vu le discours tenu par Adeline Hazan. En effet, sa vision concernant le développement durable est forte. Pour une ville comme Reims, nos idées et les siennes semblent proches et cohérentes. Et même si nous ne sommes pas toujours d’accord, nos discussions restent constructives ».
Les idées des Verts pour Reims.
En attendant la décision finale concernant une candidature unie sous le nom d’Adeline Hazan, les Verts ont entamé leur travail de réflexion et définis leurs priorités politiques pour Reims autour de 3 axes : l’urgence écologique, l’urgence sociale et l’urgence démocratique. Concernant l’urgence écologique, les Verts veulent mettre en place une alternative à la voiture. « Tous les Rémois doivent pouvoir avoir le choix d’utiliser un autre moyen de transport que leur voiture. Cela passe évidemment par le tramway, mais aussi par une meilleure organisation du réseau de bus, la réalisation d’un réseau de pistes cyclables cohérent, une politique volontariste en faveur de la marche à pied et la mise en service d’un système d’auto-partage comme il en existe à Lille. L’auto-partage fonctionne comme le Vélib à Paris sauf qu’ici, il s’agit de voiture ». Au niveau social, les écologistes rémois désirent mettre l’accent sur les problèmes liés au logement. « Des efforts doivent être réalisés sur l’isolation des logements. Cela permettrait aux Rémois de réduire leurs charges locatives, de limiter en même temps le gaspillage énergétique et de créer des emplois non délocalisables ». Enfin, les Verts souhaitent installer un système où les Rémois participeraient davantage aux décisions prises par la mairie. « Nous devons être capables de proposer aux habitants de devenir de véritables acteurs de la ville. C’est un travail de longue haleine qu’il faut opérer au sein de chaque quartier. De même, nous voulons une plus grande transparence concernant les subventions allouées par la ville et les marchés publics. Dans le premier cas, les critères doivent être clairement définis et dans le second, on peut très bien imaginer la création d’une charte respectueuse de l’environnement que les entreprises candidates seraient obligées de respecter ».
Les Verts et la division à droite.
Comme tous les partis politiques rémois, les Verts observent et écoutent ce qui se trame dans les camps adverses. Sans vouloir commenter les candidatures des uns et des autres, le secrétaire des Verts du pays rémois estime cependant « que le projet du futur maire de Reims doit être celui des habitants et non celui de la gauche ou de la droite ». Enfin favorable au non cumul des mandats, Stéphane Joly rappelle « que seule Adeline Hazan s’est engagée à démissionner de son poste de député, au contraire de tous les autres candidats ». Julien Debant