La mairie veut son brise-glace !
Par Stéphane le vendredi 27 mars 2009, 16:22 - Média - Lien permanent

La municipalité rémoise envisage d’investir dans un ancien brise-glace nucléaire russe, réformé et fonctionnant désormais à l’énergie photovoltaïque. Un bâtiment qui se révèlerait utile pour faire face aux températures polaires et ainsi parer à toute paralysie d’une partie de l’économie locale tributaire du transport sur le canal. La question devrait faire débat au prochain conseil municipal. (-> la photo en Une :-))
Un brise-glace soviétique sur le canal ?
Au moment de la campagne électorale des Municipales de 2008, on avait entendu ça et là une rumeur colportée dans Reims : le bruit des chenilles de chars soviétiques allaient bientôt résonner dans les avenues de la cité des Sacres… cette boutade au demeurant assez drôle, va peut-être se vérifier mais sous un autre aspect. En effet, la municipalité envisage d’investir dans un brise-glace soviétique, réformé… une question qui sera d’ailleurs à l’ordre du jour du prochain conseil municipal fixé au lundi 30 avril.
Conséquence logique des températures particulièrement hivernales cette année, le canal à Reims est resté entièrement figé par la glace pendant plusieurs semaines. Le trafic fluvial s’en est trouvé fortement perturbé, du jamais vu depuis 1985 d’après les Voies Navigables de France, propriétaire du canal. Exceptionnellement, l’unique bateau brise-glace a repris du service pour permettre a certaines embarcations, qui s’étaient retrouvées coincées par les glaces, d’alimenter notamment le site d’Arcelor. Si des solutions d’urgence existent, elles n’en demeurent pas moins aléatoires, puisque le brise-glace utilisé pour dégager les péniches n’a pas résisté au choc et a subi une grave avarie, le rendant inutilisable. « Pour qu’un navire soit considéré comme tel, il doit disposer d’une coque renforcée, d’une étrave spéciale et de suffisamment de puissance pour avancer. Le principal problème étant que les morceaux cassés sur le côté ne s’entassent pas sur l’avant du navire » précise Stéphane Joly, conseiller municipal.
Coûteux à l’achat comme à l’utilisation et ce quel que soit le moyen de propulsion (nucléaire ou hydrocarbure), le brise-glace est un réel investissement, mais l’occasion faisant le laron, c’est en revenant d’un séjour en Norvège, il y a quelques semaines, que l’idée puis le projet ont germé dans l’esprit de Stéphane Joly. « Le Yamal est un brise-glace nucléaire russe, maintenant désarmé, équipé d’une double coque et qui depuis fonctionne grâce à de l’énergie fournie par des panneaux photovoltaïques. Il était en mouillage pour des réparations quand je l’ai aperçu, je me suis renseigné ». En dehors des périodes de grand froid, la marine russe reconvertit ce bateau à destination de touristes fortunés pour effectuer des excursions arctiques, mais crise économique oblige, le Yamal est en vente. Si le prix de vente est peut-être prohibitif (17 millions d’euros), sa largeur et sa longueur seraient adaptées aux dimensions du canal de la Marne. De surcroît, équipé de 50 cabines passagers, d’un porte-hélicoptère, d’une piscine intérieure, d’un sauna, de salons de réception, il pourrait hors saison, transporter d’éventuels vacanciers venus découvrir les charmes du vignoble champenois et amener ainsi outre une curiosité, une manne financière supplémentaire à la municipalité.
Olivier Michaux-Lecat pour l'hebdo du vendredi
Commentaires
J'avais cru à un poisson d'avril avant l'heure.
L'achat d'un brise glace à cabines touristiques pour les riches, par une municipalité de gauche, me laisse pantoise, interdite, stupéfaite, interloquée.
Se sont des synonymes? Oui mais ça, c'est gratuit!
Na zdorove!